Gibbs et Bellis

Gibbs et Bellis

Hérédité, pas de chasse aux sorcières...

Suite à la "découverte" de chiens atteints de réthinopathie, le sujet est beaucoup abordé dans le monde du berger picard. Je me permet de publier ce vieil article qui exprime très bien le fond de ma pensée...

Un chien c'est un TOUT, tant sur le plan morpho que sur le plan santé... Mais aussi et SURTOUT sur le plan du caractère.

Et cet article insiste bien sur la transparence Nécessaire pour une bonne conduite de sélection d'élevage!!! Soyons francs et transparents!

Et ce ne sont pas que des mots... La survie de la race en dépend!!!

 

 

 

Hérédité

 

D'après l'interview du Dr Chaudieu 

par S. Sanchès

revue "Vos Chiens" n° 219 avril 2004

 

"Ce n'est pas une tare d'avoir une tare"

Le Dr Chaudieu est vétérinaire praticien, spécialisé en ophtalmologie, intéressé par les affections héréditaires du chien.

Il est membre de la commission zootechnique de la SCC et de la sous-commission tares oculaires.

....."Les éleveurs canins font une sélection raisonnable. Avec les clubs de races, au travers de nombreux dépistages d'anomalies de tares héréditaires, on essaie d'améliorer la qualité de l'élevage.

Après une trentaine d'années d'exercice, je note des modifications de morphologie. les anomalies sont répertoriées dans la littérature scientifique internationale. Les races et les lignées françaises ne sont pas toujours les mêmes que celles des pays anglo-saxons.

Quand on recherche une tare, on essaie de mettre en place un examen systématique, avant de décider une politique de sélection."

exemple

dans les années 80, on a pensé, dans une race de lévriers, que la dégénérescence rétinienne était un gros problème.

On avait signalé quelques chiens aveugles vers 6 ans. on a examiné plus de 600 chiens et on a conclu que le problème n'était pas aussi grave que prévu.

On a isolé surtout des mâles atteints, peu de femelles atteintes. Ces mâles avaient une vision suffisante pour terminer leur vie normalement.

 

 Le résultat de l'étude a contredit les craintes du départ

 

 

Est-ce que l'espèce canine est très "tarée"?

"certaines publications le prétendent, mais on ne prête qu'aux riches. C'est une espèce dans laquelle on a mis en place de nombreux plans de dépistage d'anomalies héréditaires.

Lorsque dans une race à gros effectif, un club actif fait des recherches, il trouve.

Cette race n'est pas pour autant plus atteinte qu'une autre"

 

Qu'elles sont les techniques pour éradiquer ces tares?

"Il faut connaître le mode de transmission génétique.

Les tares dépendant de plusieurs gênes (polygéniques) sont plus difficiles à éradiquer. Au moins plusieurs dizaines d'années, comme la dysplasie de la hanche!

Et il n'y a pas que des causes génétiques.

Sur les anomalies monogéniques, transmises sur le mode mendélien (comme l'atrophie rétinienne, la cataracte), on a 2 cas de figure :

  • Le chien exprime l'anomalie de façon nette
  • le chien exprime la maladie de façon très peu visible

............Dans une population qui se reproduit au hasard, on sait que pour un taux d'infection de 3 ou 4%, on a 30% de porteurs pour une maladie récessive.

dans une population à petit effectif, si on réalise l'éradication (exclusion des porteurs et des atteints), c'est le génocide!

  • Un animal c'est un tout!
  • On peut marier intelligemment des porteurs.
  •  Il faut éviter les politiques du tout ou rien!
  • Ce n'est pas une tare d'avoir une tare!
  • L'important est d'en parler pour préserver la qualité du cheptel!

 

C'est un état d'esprit à changer?

le client de l'éleveur....et du vétérinaire est un particulier; il a envie d'un type de chien . Il lui faut un "produit" de qualité. Mais un chien n'est pas une voiture, il ne peut être parfait.

on ne peut pas faire de garantie absolue. L'incertitude est dans le biologique. Comme le disait le Professeur Denis, il faut essayer d'avoir un type moyen en axant sur la qualité sanitaire, la robustesse

.......Il faut

  • dédramatiser en ne sanctionnant pas les chiens atteints de forme mineure......
  • laisser l'éleveur faire son travail de sélection, à partir d'animaux dont il connaît les qualités et les défauts pour produire un animal aussi conforme que possible à l'attente du consommateur.
  • que les propriétaires soient raisonnables et acceptent l'idée que le chien parfait n'existe pas. la plupart des anomalies génétiques n'apparaissent pas tout de suite, mais au cours de la vie du chien.

Quand on achète un chien, on accepte ce risque.

Si l'éleveur a fait son travail correctement, avec des chiens examinés par des juges, par son vétérinaire, mettre systématiquement sa responsabilité en jeu n'est pas correct

 



13/04/2014
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